Mélancolie et passage: Monsieur Lazhar.
Aujourd'hui je suis allé au Métropole. J'avais l'intention de voir Reality, de Matteo Garrone, mais quelqu'un m'a conseillé Monsieur Lazhar, de Philippe Falardeau. J'y suis allé, j'y ai vu des bandes-annonces intéressantes (La Pirogue, de Moussa Touré, et César doit mourir, des frères Taviani notamment) et j'ai apprécié le film.
L'histoire du film:
Au Québec, dans une école, une professeure se suicide. Un homme se présente peu de temps après la tragédie pour reprendre le poste vacant. Il s'agit de Bachir Lazhar, un immigré algérien. Celui-ci est en fait un réfugié politique en attente de régularisation. Il a fui l'Algérie car sa femme a été la cible de menaces qui ont rejailli sur toute la famille, suite à la publication d'un livre à charge contre la situation en Algérie. Une nuit, l'immeuble où Lazhar habitait fut incendié et sa famille périt dans l'incendie suspect. Lazhar est donc embauché de suite, tout le monde, dans cette école touchée par la douleur, ignorant le passé de ce remplaçant...
Ce que j'en ai pensé:
J'ai intitulé cette critique Mélancolie et passage, car c'est un des thème abordé par ce film. Au sortir de la projection, c'était ce sentiment diffus de film mélancolique qui m'imprégnait. Le deuxième qui m'a frappé c'est celui de la vie comme passage: la vie est un passage, il est beaucoup question de la mort et du deuil dans ce film, et Bachir n'est là que de passage dans cette école, vous vous en doutez bien, tout finissant par être découvert... Mais rassurez-vous ce n'est pas un film déprimant. C'est même plutôt un bon film, très bien interprété (Fellag en Bachir Lazhar, professeur un peu coincé et déraciné, est très convaincant, ainsi que les enfants, criants de justesse), qui part dans tous les sens, car il essaie d'évoquer beaucoup de thèmes différents.
Il traite du déracinement culturel, du fossé culturel qu'il y a entre lui et les canadiens d'origine, de l'intégration, au début du film. Il est également question du suicide et de l'impossibilité de l'expliquer, et de la culpabilité et de la douleur qui peut toucher surtout les enfants. C'est aussi un film qui parle de l'école, comme lieu de vie, de joies, selon Lazhar, un professeur passionné et conscienscieux, aux méthodes bien différentes de ses collègues québécois. Lazhar va essayer d'apporter sa touche personnelle à l'école, et le film raconte cela, ce passage, cette empreinte qu'il va laisser à ses élèves.
Monsieur Lazhar est un bon film, mais ce n'est pas un très grand film, de ceux que l'on n'oublie pas. Il n'y a pas de fulgurences de mise en scène, même si celle-ci est soignée et intéressante. Elle est juste académique, très "classique", même s'il y a des moments qui auraient pu être différents, comme ces regards caméras (qui ne durent pas) lors de la nouvelle photo de classe. De plus, l'histoire ne comporte pas de scène marquante, bien qu'il y ait par exemple le suicide. Enfin, la musique ne m'a pas marquée, elle était également peu utilisée ou utilisée de manière attendue.
P.S.: Allez-y quand même, on y apprend quelques mots québécois ("Tu veux un lift" ou encore "mon mp3 est sur chaffaud" ou un truc du genre). De plus il a été sélectionné aux Oscars dans la catégorie meilleur film étranger.
Ma note:






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